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20/03/2008

Quelque chose de pourri au royaume de l'autobiographie

5459b772913ffcf84e15b7b63ba150d2.jpgL'histoire avait de quoi séduire : Margaret Jones, aujourd'hui 33 ans, a grandi dans une famille d'adoption à Los Angeles, dans le quartier déshérité de South-Central. Dans les années 80, la guerre des gangs fait rage entre les Bloods et les Crips. Pour ses treize ans, la petite fille reçoit en cadeau un 38 millimètres, puis s'enrôle chez les Bloods, deale de la drogue. Avant de s'en sortir grâce à une bourse d'études de l'université de l'Oregon. Au passage, elle tombe amoureuse d'un membre du gang rival. Et raconte son histoire dans Love and Consequences ("Amour et conséquences")


A la sortie du livre, le New York Times applaudit et consacre même un portrait enthousiaste à cette "réfugiée de la guerre des gangs". Avant de découvrir, quelques jours plus tard, que cette jolie histoire était inventée de toutes pièces.

Car Margaret Jones, de son vrai nom Margaret Seltzer, a grandi avec sa famille biologique dans le quartier huppé de Sherman Oaks, à Los Angeles. A mille lieues donc du milieu hyper-violent qu'elle décrit dans sa prétendue autobiographie. La jeune femme n'a jamais dealé de drogue, fait partie d'un gang ou même fréquenté l'université de l'Oregon.

Décidément, le faux est à la mode. Souvenez-vous : dans Survivre avec les loups, Misha Defonseca, racontait sa pseudo-enfance de petite fille juive fuyant les nazis et qui parvenait à survivre avec les loups dans la forêt ukrainienne (pour la crédibilité on repassera... lire à ce sujet l'article de Clara consacré au sujet). Le quotidien belge Le Soir avait révélé l'affaire et publié les excuses de l'écrivain.

Ici, c'est la propre soeur de l'auteur qui a découvert le pot-aux-roses. Interloquée en découvrant le portrait de la fausse Margaret Jones dans les colonnes du New York Times, elle appelle Riverhead Books, éditeur du livre pour vendre la mèche. La filiale du groupe Penguin USA rappelle alors tous les exemplaires de Love and Consequences. L'éditrice du livre, Sarah McGrath, affirme s'être fait avoir et parle d'une "trahison personnelle ansi que professionnelle".

L'auteur, elle, tente de s'expliquer.

"Je pensais que c'était ma chance de donner une voix à des gens que les gens n'écoutent pas [...] J'ai juste senti que je pouvais faire le bien et qu'il n'y avait pas d'autre moyen pour que les gens l'écoutent."

 

La fausse autobiographie, nouvelle tendance de la littérature ? Jean-Jacques Rousseau, inventeur du genre, prônait la sincérité dans ses Confessions.

"J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon"

 

Le philosophe doit se retourner dans sa tombe.

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