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30/05/2008

Kureishi tacle les ateliers d'écriture

788213865.jpgHanif Kureishi, auteur britannique d'origine pakistanaise, n'a pas sa langue dans sa poche. Invité au Hay festival, une manifestation littéraire organisée par le Guardian, il a qualifié les cours de creative writing, ces ateliers d'écriture enseignés dans de nombreuses universités anglophones, de "nouveaux hôpitaux psychiatriques".

L'auteur de My Beautiful Launderette (adapté au cinéma par Stephen Frears) anime pourtant un atelier dans une université londonnienne. Ce qui ne l'empêche pas de tirer à boulets rouges sur cette spécificité anglo-saxonne :

"Une des choses qu'on remarque quand on allume la télévision et qu'un étudiant a pété les plombs avec une mitraillette sur un campus, c'est que c'est toujours un étudiant en écriture."

 Affirmant attribuer la même note - 71% - à tous ces étudiants, il a dénoncé les faux espoirs suscités par ces cours.

"Tous les étudiants fantasment sur le fait qu'ils vont devenir des écrivains à succès, et personne ne leur dit le contraire. Il y a quelque chose de trompeur à accoler les mots "créatif" et "cours"."

Certes, tous ces étudiants ne deviennent pas Faulkner. Mais ces dernières années, les ateliers d'écriture ont donné naissance à quelques bonnes plumes, dont Kazuo Ishiguro et Ian McEwan. Sans oublier le grand John Irving, qui a fait ses classes à l'Atelier des écrivains de l'Iowa, l'un des plus réputés des Etats-Unis.

Alors, Hanif Kureishi serait-il jaloux ? L'écrivain-dramaturge ne porte pas le genre humain dans son coeur, à en juger par ses déclarations sur le travail théâtral :

"Ca vous fait sortir de chez vous, et puis vous commencez à détester les gens. Ensuite vous pouvez rentrer, vous asseoir dans une pièce et écrire."

Jaloux, non. Misanthrope, peut-être bien.

19/05/2008

La fin du papier ?

1578074248.jpgLe catalogue en papier sur le point d'être ringardisé ? C'est ce que que semble penser l'éditeur HarperCollins, qui a annoncé l'arrêt de la publication de son catalogue sur papier, remplacé par une version électronique.

A partir de juillet 2009, les libraires devront donc télécharger le catalogue des nouveautés sur le site de l'éditeur. De quoi faire quelques économies et une belle opération de greenwashing ("verdissement d'image"), car ce sont pas moins de 100 000 catalogues, l'équivalent d'un best-seller, qui sont envoyés aux libraires trois fois par an. Jane Friedman, présidente du groupe, s'est expliquée à Associated Press :

"Nous produisons des milliers et des milliers de catalogues, dont beaucoup finissent dans la poubelle. C'est un vrai gâchis de papier et c'est totalement inefficace."

HarperCollins n'est pas le seul à prendre cette direction : la branche américaine de Penguin et Random House Inc. songent également à abandonner le support papier pour leurs catalogues. Outre les économies réalisées, le catalogue numérique présentera l'avantage de pouvoir être actualisé très rapidement. Du côté des libraires, l'accueil est mitigé. Ils seraient en effet très attachés au catalogue papier, assimilé à un véritable livre.

L'histoire est a priori anecdotique. Seulement, voilà, elle est peut-être symptomatique de l'évolution du petit monde de l'édition. Car qui peut dire à quoi ressemblera l'industrie du livre en 2050 ? L'e-book, version électronique du livre papier, existe déjà. Encore peu utilisé, il est appelé à évoluer avec la technologie et, qui sait, remplacer à terme le support papier.

Et alors, me direz-vous ? Ce qui compte, c'est le contenu, pas le medium ! Sauf que le livre n'est pas un objet comme les autres. Lire un livre, c'est aussi le porter, le sentir, corner les pages, griffonner des notes dans les marges... le martyriser un peu en fait ! Et, comme pour la musique avec le format mp3, des petits malins pourraient bien trouver le moyen de pirater les livres. C'est d'ailleurs déjà le cas : certains sites, comme celui-ci, proposent plus de 17 000 ebooks à télécharger, illégalement. Le catalogue est carrément éclectique, entre manuel d'utilisation d'une Mercedez, ouvrages militaires plus ou moins loufoques et livres d'informatique, on trouve quand même un Dan Brown et le dernier Noam Chomsky... Les éditeurs ont-ils du souci à se faire ? Pour le savoir, rendez-vous en 2050.

(Photo : Flickr, M. Dawin Caballar)

17/05/2008

Le Prix Nobel, un "foutu désastre"



334546163.jpg"Je passe mon temps à donner des interviews et à me faire photographier". Non, il ne s'agit pas de la dernière citation de Paris Hilton. L'auteur de ces mots, Doris Lessing, 88 ans, a obtenu le Prix Nobel de littérature l'année dernière. Et visiblement, le Prix Nobel, ce n'est pas si chouette que ça.

Dans une interview à la BBC, l'auteur du Carnet d'Or (1962) a déclaré qu'elle n'avait "plus d'énergie". L'attention des médias depuis qu'elle a reçu la précieuse médaille (et le million d'euros qui l'accompagne) l'empêcherait d'écrire un nouveau roman. Elle pourrait même renoncer totalement à l'écriture romanesque.

"C'est pourquoi je n'arrête pas de dire à tous ceux qui sont plus jeunes que moi : ça ne durera pas éternellement."

L'année dernière, elle semblait pourtant très heureuse de gagner ce qu'elle qualifie maintenant de "foutu désastre".

Ecouter un extrait de l'interview de Doris Lessing par la BBC (en anglais) :

podcast

(Photo : Flicker MERLOK/Son : BBC)

16/05/2008

La lecture rend intelligent

On s'en doutait quand même un peu, mais ça va mieux en le disant : oui, la lecture peut rendre plus intelligent ! Des scientifiques de la faculté de médecine de Boston ont démontré que les enfants à qui on avait lu beaucoup d'histoires avaient souvent une longueur d'avance en entrant à l'école. Les bibliophiles en couche-culottes sont donc plus forts en lecture, et développent de meilleures capacités de langage et une meilleure mémoire.

Plus étonnant, l'étude prouve que la lecture aux tout-petits stimule aussi leurs capacités motrices, en les habituant à tenir une page entre le pouce et l'index. Evidemment, l'histoire du soir représente un moment de complicité entre parents et enfant, ce qui fait de la lecture une activité agréable aux yeux des petits, comme l'explique le professeur Barry Zuckerman, auteur de l'étude, dans un article du Guardian :

"Les enfants apprennent à aimer les livres car ils les partagent avec quelqu'un qu'ils aiment. Vous imaginez, si quelqu'un inventait un gadget technologique qui stimule tous les aspects du développement d'un enfant de deux ans, tout le monde se l'arracherait ! "

Motricité, langage, mémoire, développement émotionnel et social... Autant de raison pour ne plus traîner des pieds quand votre bout de chou vous réclame une histoire avant d'aller se coucher.

12/05/2008

Pour Salman Rushdie, tapez 1

Ca y est ! La shortlist du Best of the Booker a été annoncée ! Ce prix a été créé pour commémorer les quarante ans de l'équivalent de notre Goncourt national et devrait désigner le meilleur roman primé depuis la création du Booker Prize. (voir l'article sur le sujet)

Sur 41 romans, six ont été retenus par le jury, composé d'une critique, un écrivain et un professeur de littérature. Les heureux élus sont :

1193294750.jpg

 

Pat Barker, avec The Ghost Road (1995)

Peter Carey, avec Oscar et Lucinda (1998)

JM Coetzee, avec Disgrâce (1999) 

JG Farrell, avec Le siège de Krishnapur (1973)

Nadime Gordimer, avec Le Conservateur (1974)

et Salman Rushdie, avec Les Enfants de Minuit (1981) 

 

Dès aujourd'hui, les internautes peuvent voter pour leur favori sur le site du Booker Prize ou... par texto ! (25 pence + le prix du SMS pour les accros du portable, tout est expliqué ici

Les résultats seront publiés le 10 juillet prochain, à l'occasion du Festival de littérature de Londres. À vos portables !

 

 


 

08/05/2008

Les pingouins gays ne font pas l'unanimité

2053582516.jpgLes lecteurs américains n'aiment pas les pingouins gays : un livre pour enfant racontant l'histoire d'un petit pingouin élevé par deux papas est en tête de la liste des livres pour lesquels les bibliothèques américaines ont reçu le plus de plaintes.

"And Tango Makes Three", sorti en 2005, était déjà en tête de la liste l'année dernière. Selon Judith Krug, de l'Association des Libraires Américains,

"Les plaintes portent sur le fait que les jeunes enfants vont croire que l'homosexualité est un style de vie acceptable. Ceux qui se plaignent sont évidemment en désaccord avec cette idée."

 Sur la liste de l'association figurent également Huckleberry Finn, de Mark Twain, accusé de racisme depuis longtemps, ainsi que La Boussole d'or de Philip Pullman, critiqué pour certains passages anti-religieux.

 L'association a reçu moins de plaintes en 2007 qu'en 2006 (420 contre 546), une tendance à la baisse qui se confirme depuis les années 90. Certaines plaintes ont été suivies d'effets : en Californie, Kaffir Boy, de Mark Mathabane, a été interdit dans une école. Le livre raconte l'enfance d'un garçon pauvre et noir en Afrique du Sud sous l'apartheid. Un parent d'élève s'était plaint d'une scène de deux paragraphes dans laquelle des hommes payaient de jeunes garçons pour avoir des rapports sexuels avec eux. Décidément, le sexe est un sujet sensible outre-Atlantique.

 

(source : AP. Photo : AP) 

 
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